Naître illégitime. Mourir anonyme.

Publié le par Lucie Delarosbil

Acte de sépulture d’un enfant né le 4 mai 1813, à Paspébiac, de parents inconnus. Il avait été ondoyé le jour de sa naissance, mais n’avait pas été baptisé. Il n’avait donc pas reçu de prénom, ni de parrain, ni de marraine. Il était décédé deux jours plus tard, le 6 mai. Le 23, après dix-sept jours, sa sépulture. Était-ce un garçon ? Une fille ? L’acte ne le dit pas. Dans la marge, on avait écrit à son sujet, à l’endroit où devait être écrit son nom: « Anonyme illégitime ».

Le Vingt trois Mai mil huit cent treize / par nous prêtre Missionnaire Soussigné ont / été supplées les cérémonies de la Sépulture / à un enfant anonyme né de parents inconnus / lequatre Mai et ondoyé le même jour, décédé / le six du même mois. présens Bénoni Chapad / et Emmanuël Brasseur qui n’ont sçu signer. / Al. Leclerc. ptr

Quelle tristesse !

© Lucie Delarosbil, 2014

Source de l’acte: FamilySearch, Québec, registres paroissiaux catholiques, 1621-1979, Bonaventure, Saint-Bonaventure, BMS 1810-1816, image 158/276.

Publié dans Actes de sépultures

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Jean-Michel Girardot 28/04/2014 08:57

Triste histoire, effectivement. Est-ce que du fait de l'absence de parents l'enfant, déjà fragile comme le prouve l'ondoiement, n'aurait pas manqué de soins ? Votre article m'a poussé à en publier un sur un cas semblable, sans vouloir vous plagier !

Lucie Delarosbil 28/04/2014 17:42

Chez nous, à cette époque, les ondoiements n'étaient pas réalisés à cause nécessairement d'une naissance fragile, mais plutôt de l'éloignement du prêtre missionnaire. Les bébés étaient tous ondoyés après leur naissance, le plus souvent par des capitaines, en attendant le passage du prêtre pour les baptiser.