Comme le hasard est bizarre !

Publié le par Lucie Delarosbil

Souvent quand je fouille dans les archives pour des informations très spécifiques, il m’arrive de trouver ce que je ne cherche pas, ce qui ne me viendrait même pas à l’esprit de chercher. Comme si la vie (la prévoyante!) savait d’avance que je n’accorderais pas de temps pour ces cas particuliers. Comme si la vie (la généreuse!) voulait me donner une prime de chercheuse, un petit trophée inattendu. À moins que la vie (la coquine!) voudrait tout simplement me donner conscience que mon inconscient existe bien en travaillant avec moi et pour ma cause.

Hier soir, justement, la vie m’a fait tomber par hasard sur un acte de mariage, essentiellement sur le nom de « Greciet ». Ce mot m’a littéralement sauté aux yeux. Je ne pouvais pas me permettre de l’ignorer. Impossible ! Pourquoi, pensez-vous. Parce qu’il y a quelques semaines, j’avais écrit sur le décès d’un Basque, à Paspébiac, en 1805. Il s’agissait de Bernard Gressiet, 40 ans, qui avait travaillé au service de la compagnie du « négociant » Charles Robin.

Voici le début de l’acte de mariage en question:

L’an mil huit cents dix huit et le deuzieme jour du mois de mai a cinq - / heures de relevé par devant nous Sallaberry maire et officier de l’état civil de la / commune de Bidart, Canton et municipalité de St Jean de Luz, quatrieme - / arrondissement des Basses Pyrénées; Sont comparus le Sieur Dominique Greciet / charpentier né dans cette commune levingt deux messidor an troisieme de la republique / française, heritier de la maison de Briquetenia de cette commune et y Domicilié, majeur / fils de feu Bernard Greciet aussi charpentier décédé dans la prison de Bristol En Angleterre / etant prisonnier d’état, d’après lextrait mortuaire a nous présenté, et De Son épouse / Marie Appesteguy décédée dans cette commune le vingt quatre ventose an douze de la / Republique française, d’après les registre De décès de cette commune...

Cet acte de mariage nous informe d’un couple décédé, Bernard Greciet et Marie Appesteguy, de leur enfant, Dominique, et de leur maison, Briquetenea, à Bidart. Étant « héritier » de cette maison, Dominique devait être l’aîné de la famille, à moins que d’autres enfants, nés avant lui, étaient décédés ou incapables de s’occuper de la gestion de la maison.

Après cette surprise de « Greciet », trois autres informations ont attiré mon attention. Premièrement, celle du patronyme Appesteguy sur lequel je travaille en ce moment pour une histoire de la maison Etchepare. Deuxièmement, celle de la maison Briquetenea dans laquelle avaient habité mon ancêtre Bertrand et sa mère Marie Larralde. Troisièmement, celle du lieu du décès de Bernard Greciet, à la prison de Bristol, on ne sait quand avant 1818, alors que le décès que j’ai trouvé d’un Bernard Gressiet était à Paspébiac.

Quelques fouilles et la chance de vite trouver l’acte de décès de Marie Appesteguy, en 1804. On constatera que Marie était l'épouse, pas la veuve, et donc que Bernard Greciet n'était pas encore décédé. Voici l'extrait du début:

Du vingt quatrieme jour du mois de ventose, Lan douze, de la Republique fr... / acte de Décès de Marie Aphesteguy, Décédée a neuf heures du / Soir dans la maison de Briquetenia, agée de quarante deux ans, / Epouse de Bernard Greciet laboureur, maitres de la dite maison de / Briquetenia de Bidart, née dans cette commune...

Maintenant, mon intérêt se tourne vers la recherche de l’acte de naissance de Dominique et de celui du mariage de ses parents, pour remonter dans le temps de cette famille. Car je tiens à connaître les noms des parents de Marie Aphesteguy. Car je me demande si elle était de la maison Etchepare, si elle était une fille de Jean et de Catherine Etchemendy, cette dernière cousine de Bertrand Darrosbile, la fille de sa marraine Magdalaine Darrosbide.

© Lucie Delarosbil, 2014

Publié dans Basques & Pays basque

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