« Lands » ou Les arpents de terre

Publié le par Lucie Delarosbil

L’arpent et l’acre sont deux anciennes mesures agraires, des mesures relatives à l’agriculture, aux terres cultivées, à la propriété agricole. Du gaulois « arepennis », l’arpent pouvait varier de 35 à 50 ares, selon les régions de France. Terme anglo-normand, l’acre valait environ 52 ares en France. Il était variable d’un pays à l’autre. Pour ce qui est de l’are français, il équivaut à 100 mètres carrés. L'arpent est toujours en vigueur au Québec, sa valeur d’environ 192 pieds donnerait donc 58,47 mètres. Selon un site de calculs des mesures, les 3200 arpents de la compagnie Charles Robin égalaient presque 13 kilomètres carrés. Dans le Recensement de 1831, deux catégories concernaient la quantité d’acres ou d’arpents de terre: les « occupés » et les « cultivés, occupés ». Est-ce que la portion de terre cultivée et occupée était comptée à part de l’autre qui était seulement occupée ? On présume que oui.

Voici les noms des chefs de ménage de Paspébiac divisés en deux parties, les fermiers et les pêcheurs. Entre parenthèses suivent les quantités de terre: le premier nombre pour les terres occupées, et le deuxième, pour les terre occupées et cultivées; puis, la quantité totale de maisons sur les terrains. Les chefs avaient tous au moins une maison habitée et la majorité une autre inhabitée; les exceptions de plus d’une maison habitée sont mentionnées à la suite du compte total des maisons. On s’entend que la compagnie Charles Robin et James Day n’étaient pas identifiés « fermiers » dans la catégorie « métier ou profession », et que Fabien Duguay et John Hartue, inclus aussi dans la partie des fermiers, pratiquaient les deux métiers.

Les fermiers

Louis Huard (10-8) 2 maisons, André Loiselle (20-10) 3 maisons, André Loiselle Jn (10-6) 2 maisons, Joseph Huard (10-4) 3 maisons, Marguerite Lanteigne (10-6) 2 maisons, Romain Huard (10-4) 2 maisons, Jacques Huard (10-8) 3 maisons, Charles Robin & Co (3100-100) 25 maisons, John Morgan (0-0) 1 maison, Robert Caldwel (8-8) 2 maisons, Léonard Bujold (200-10) 2 maisons, John Hubert (10-8) 2 maisons, Jean Grenier (10-6) 3 maisons, Nicolas Lebrasseur (30-15) 3 maisons, André Castilloux (50-10) 2 maisons, James Harquail (10-6) 1 maison, Edouard Duguay (10-8) 1 maison, James Day Sr (200-70) 5 maisons 2 habitées, Joseph Duguay (10-6) 2 maisons, Frédéric Delarosbil (10-8) 2 maisons, Fabien Duguay (30-10) 2 maisons, Fransis Le Joy (10-6) 2 maisons, John Hartue (10-0) 2 maisons.

Les pêcheurs

Fransis Langley (10-8) 3 maisons 2 habitées, Jean Anglehart (10-6) 2 maisons, Joseph Atoll (10-7) 2 maisons, Emmanuel Lebrasseur (25-20) 4 maisons 2 habitées, René Duguay (10-10) 3 maisons, Joseph Leblanc (10-8) 4 maisons 2 habitées, Séraphin Lebrasseur (10-6) 3 maisons, Louis Denis (10-6) 3 maisons, Mark Demie (10-7) 4 maisons 2 habitées, Adrien Delarosbil (5-5) 4 maisons 2 habitées, Pierre Delarosbil (5-4) 3 maisons, Jean Basque (10-6) 3 maisons, Pierre Duguay (10-8) 4 maisons 2 habitées, Frédéric Huard Jn (10-6) 3 maisons 2 habitées, Frédéric Huard Sr (10-8) 3 maisons, Jean-Bénoni Chapados (10-8) 3 maisons, Michel-Joseph Chapados (18-9) 4 maisons 2 habitées, Michel Parisé (5-5) 4 maisons 2 habitées, Hubert Parisé (10-6) 3 maisons, Philippe Anglehart (10-8) 4 maisons 2 habitées, Jean Lamy (10-10) 2 maisons, John Enright (10-6) 2 maisons, John Horth (10-7) 3 maisons, Jean-Michel Chapados (10-7) 4 maisons 2 habitées.

On constate que la majorité occupait de quatorze à vingt arpents de terre. Hormis la compagnie Charles Robin, les exceptions à la hausse allaient à André Loiselle (30), Léonard Bujold (210), Nicolas Lebrasseur (45), André Castilloux (60), James Day Sr (270), Fabien Duguay (40), Emmanuel Lebrasseur (45) et Michel-Joseph Chapados (27). Celles à la baisse allaient à John Hartue (10), Adrien Delarosbil (10), Pierre Delarosbil (9) et Michel Parisé (10). Seul John Morgan possédait une maison mais pas de terre.

© Lucie Delarosbil, 2014

Publié dans Étude 1831, Ancien village

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Jean-Michel Girardot 13/06/2014 17:46

Merci pour vos précisions : j'ai connu un système semblable dans les Alpes-Maritimes, dans la partie vraiment alpine du comté de Nice : les paysans avaient une maison au village et une autre, très rustique et doublée d'une grange où ils passaient la belle saison, plus près de leurs cultures.

Jean-Michel Girardot 13/06/2014 17:21

Vraiment curieux : d'abord la conservation d'une unité de mesure d'Ancien Régime, et, surtout, le fait de posséder plusieurs maisons dont certaines habitées et d'autres non. Est-ce que ces propriétaires avaient des locataires ?

Lucie Delarosbil 13/06/2014 17:40

D'un autre côté, si les 4 maisons habitées de la compagnie servaient aussi pour les Jersiais de passage, je me demande si trois d'entre elles pouvaient être des dortoirs pour accueillir une trentaine d'hommes.

Lucie Delarosbil 13/06/2014 17:33

Je suppose que les maisons inhabitées devaient être des granges, des entrepôts, des ateliers ou tout autre. Pour ce qui était des maisons habitées, multiples à une même famille, je trouve votre idée excellente. Beaucoup de pêcheurs venaient d'ailleurs, particulièrement des îles anglo-normandes, surtout de Jersey, pour la saison de pêche: 120 Jersiais en 1831. Il fallait bien qu'ils habitent quelque part. La compagnie Robin n'avait que 4 maisons habitées pour ses 20 serviteurs.