New Carlisle et ses Noms de famille

Publié le par Lucie Delarosbil

Avant de porter ce nom de New Carlisle, le village s’était déjà appelé Petit-Paspébiac. En 1784, après la guerre de l’Indépendance, des Loyalistes américains, ayant choisi la fidélité à la Couronne britannique, vinrent s’y installer. Ils auraient bien voulu demeurer à Paspébiac, où ils étaient débarqués, mais Charles Robin avait obtenu gain de cause des autorités britanniques afin de les établir ailleurs. Toujours gagnant, ce cher Charles ! Par chance, Paspébiac avait pu ainsi demeurer une communauté francophone.

Dans le Recensement de 1831, le territoire de New Carlisle était couvert par des chefs de famille inscrits sur les feuillets 4 à 6, débutant avec McGear. Les patronymes retrouvés plus d’une fois apparaissaient selon cet ordre: 2 Adams, 2 Belengily, 4 Beebe, 2 Dobson, 3 Astles, 3 Hall, 2 Flowers, 2 Morison, 4 Rafter, 5 Caldwell, 5 Sherrar, 4 Scott, 4 Rosell, 2 Galey, 3 Joseph. Pour voir tous les autres noms, il faut se référer à l’article « Bonaventure à Pointe au Maquereau ».

Du côté ouest de New Carlisle, la majorité des familles était « en relation avec l’Église d’Angleterre ». Étrangement, plus on approchait de Paspébiac, plus elles étaient « en relation avec l’Église d’Écosse ». Parmi elles, les rares exceptions en relation avec l’Église catholique étaient l’avocat Thomas Deblois, la veuve Gilker et J Owland. Puis, une vague de dix familles catholiques débutait avant Paspébiac, chez John Lelbosel (Jean Loiselle), suivi par M. Holmes (Église d'Écosse) et peu après ce dernier, par John Whittom (Église d'Angleterre). Parmi ces catholiques figuraient, entre autres, trois ménages de Joseph, un de Blais et celui de Loiselle.

La famille Joseph

Cette famille comptait en tout 12 personnes pour trois ménages. L’ancêtre pionnier des Joseph, Benjamin Joseph Killer, avait épousé Théotiste Huard, la fille de Jacques (le fils du pionnier Pierre Huart et de Catherine Caplan), et d’Anne Duguay (la fille du pionnier René Duguet et Marguerite Lebreton ou Berton). Il était originaire de Alcobaça, au Portugal, à environ 100 km au nord de Lisbonne. Par ailleurs, son mariage, le 30 mars 1802, devant le juge de paix John Mann écuyer, avait été réhabilité le 24 avril 1803, par le prêtre Alexis Lefrançois. Il était ami avec Jacques Loiselle, son témoin à son mariage.

Les trois ménages de Joseph se suivaient dans cet ordre: 1. Benjamin, fermier de 55 ans, Théotiste Huard: un enfant (0-5 ans), Romain (15 ans), Ange (19 ans) et Marie (20 ans). 2. David, fermier de 22 ans, Marie Parisé et un enfant (0-5 ans). 3. Joseph, fermier de 28 ans, Marguerite Arotsena: Marguerite (2 ans) et David (6 ans). Joseph et David étaient les fils du pionnier Benjamin, appelé aussi Portugais. Ils avaient effacé le nom de Killer à leur endroit. Propriétaires de bien-fonds par adjudication, les trois ménages possédaient sept bâtiments, 160 arpents de terre, neuf bêtes à cornes, un cheval, quatorze moutons et dix cochons. En 1830, ils avaient cultivé 70 minots de blé, 110 minots d’avoine, 10 minots d’orge et 750 minots de patates.

Loiselle et Blais

Ces familles comptaient 9 personnes pour deux ménages. Aussi fermiers, Jean Loiselle et Germain Blais étaient âgés de 21 à 29 ans. Le fils de Jacques Loiselle et d’Isabelle Doiron venait à peine d’épouser, le 11 janvier 1831, Rose Duguay, la fille de Pierre et de Catherine Lanteigne. Germain Blais, son voisin immédiat, avait épousé sa soeur Elisabeth Loiselle, le 24 avril 1826. Veuf et fils d’Antoine Blais et de Thérèse Bole, ce dernier avait été peu de temps marié à une certaine Elisabeth Baudette, leur mariage célébré le 28 août 1821 à Newport. Le patriarche Jacques Loiselle, père de Jean et d’Elisabeth, était décédé en 1827.

Au recensement, Jean Loiselle et Rose Duguay avaient un garçon (?) en bas âge. Germain Blais et Elisabeth Loiselle avaient quatre enfants avec eux: Jacques (2 ans), Germain (4 ans), une fille (-14 ans) et une autre (+13 ans). Propriétaires de bien-fonds par adjudication, ils possédaient chacun deux bâtiments et, à eux deux, 31 arpents de terre, deux bêtes à cornes et sept cochons. En 1830, ils avaient cultivé 30 minots de blé, 10 minots d’orge et 200 minots de patates.

© Lucie Delarosbil, 2014

Source: Jean-Marie Fallu, La Gaspésie, p 360 à 364. Bona Arsenault, Les registres de Paspébiac 1773-1910.

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