La fascination de Thomas

Publié le par Lucie Delarosbil

Une nouvelle rubrique voit le jour sur Fouilles Trouvailles. Il s’agit d’entretiens avec des Descendants d’ancêtres de Paspébiac. Le premier à casser la glace, à faire le saut en plongeant dans l’univers du partage de ses ressources et de ses découvertes, le voici, c’est un descendant direct de Bertrand Darrosbile.

Peux-tu nous parler de toi en quelques phrases ?

Je m’appelle Gilles Desrosby. Je suis né le 2 mai 1949 à Baie-Comeau et j’y habite toujours. J’ai une fille et deux garçons. Je suis grand-père de deux petits-fils par ma fille aînée, et d’une petite-fille par mon fils cadet. Dans ma lignée, je fais partie de la 8e génération au Québec.

Depuis quand t'intéresses-tu à la généalogie ?

J’ai commencé à m’intéresser à la généalogie vers 1980, peu après la naissance de mon premier fils. Comme je suis l’aîné d’une famille de six enfants, je ressentais une « certaine responsabilité » de faire connaître nos ancêtres à mes frères, mes sœurs et nos enfants. Mes grands-parents ont habité dans la maison paternelle presque jusqu’à leurs décès. J’aimais beaucoup écouter mon grand-père nous raconter des histoires de son enfance et de sa parenté.

Autour de la même année, j’ai fait quelques voyages sur la basse Côte-Nord. J’ai visité les cimetières et les presbytères, à la recherche d’informations sur mes ancêtres. J’ai trouvé des Desrosby, Derosby, Derosbie, Derosbi, etc. Un curé m’a expliqué que les prêtres d’autrefois écrivaient ce qu’ils croyaient être le bon nom de famille, car la plupart des gens ne savaient presque pas écrire. De même, les patrons anglais des pêcheurs déformaient la prononciation des noms avec leur accent.

Quels sont tes liens avec Paspébiac ?

Mon père Alfred (7e génération) était natif de Godbout. Mon grand-père Ambroise (6e), ses frères et ses sœurs étaient nés à Rivière-Saint-Jean, près de Magpie, pas très loin de Havre-Saint-Pierre. Mon grand-père me disait que son père était de Paspébiac et que nous étions donc des « Paspéyas » de descendance. On allait quelques fois vers la basse Côte-Nord pour visiter ses frères et sœurs. J’avais déjà entendu dire que nos ancêtres étaient peut-être des Bretons ou des Basques.

Au début des années 2000, je suis allé pour la première fois en Gaspésie et bien sûr, à Paspébiac. Sur le banc de Paspébiac, j’ai visité les bâtiments des Robin; j’avais déjà visité leurs anciennes installations à Rivière-Saint-Jean. Mon grand-père Desrosby me disait que son père Thomas (5e) était pêcheur pour la compagnie des Robin. Né à Paspébiac vers 1867 et marié avec Zoé Chapados, le 15 novembre 1890, à Rivière-Saint-Jean, il y était décédé en 1921, à l’âge de 54 ans.

Plus tard, j’ai découvert que son père, Pierre Abraham Darosbille (4e), communément prénommé Pierre, était lui aussi pêcheur à Paspébiac pour la compagnie Robin, avant de transférer sur la Côte-Nord en même temps que son frère Théophile, avec femmes et enfants, pour travailler aux nouvelles installations de cette compagnie. Par la suite, Théophile retourna à Paspébiac avec sa famille. Les plus jeunes enfants de Pierre sont nés à Rivière-Saint-Jean, ou Magpie, où ils ont établi leur descendance avec leurs aînés, frères et sœurs.

Connais-tu des pionniers et pionnières dans ton arbre ? Si oui, peux-tu les nommer et nous dire ce que tu sais d'eux ?

En bonne partie à cause de tes recherches, Lucie, j’ai pu savoir des informations sur nos origines communes basques. J’ai aussi appris les prénoms de mes ancêtres d'avant Pierre Abraham: Gérard Rosbil (3e) né en 1809, Pierre d'Arosbil (2e), le premier garçon né au Québec en 1779, et enfin le pionnier Bertrand Darospide (1re), né en 1733 à Bidard, en France, au Pays Basque, et arrivé en Nouvelle-France vers 1765. En 1777, Bertrand travaillait déjà à Paspébiac comme pêcheur pour Charles Robin. Il s’y maria avec Marie Dunis (Denis) et y eut ses enfants.

Lequel ou laquelle de tes ancêtres te fascine le plus ?

L’ancêtre qui me fascine le plus est sans contredit « Thomas », le père de mon grand-père Ambroise. Son père, Pierre, s'était marié en 1864 avec Théotiste Huard qui eut deux enfants avant de décéder, le 19 décembre 1866, quelques jours après la naissance de Hippolyte. Pierre se remaria avec Adélaïde Mazerolle, le 28 janvier 1868, avec qui il eut six enfants avant de déménager à Rivière-Saint-Jean. D’autres enfants naquirent sur la Côte-Nord.

Le premier enfant de Pierre et de Adélaïde, dont je connaissais la date de naissance, était François, né en 1872 à Paspébiac. Comme Thomas est décédé en 1921, son âge inscrit 54 sur son acte de décès, il fallait qu’il soit né autour de 1867. Lors de deux voyages à Paspébiac, en 2012 et 2013, j’ai découvert dans les vieux registres un certain Pierre, « fils de Pierre DeLaRosbie pêcheur et journalier et de Adélaïde Mazerolle », né le 15 octobre 1869, en principe le premier fils du couple. Était-ce notre Thomas ? Ou alors, était-ce Hippolyte, notre Thomas ?

C'est alors que tu vins à ma rescousse en découvrant l'acte de baptême d’un « Thomas inconnu », « né depuis un mois », le 15 décembre 1867, et sa présence, à 4 ans, sur le recensement de 1871, avec Pierre et Adélaïde « Delarosebile », Modeste (7a) et Pierre (2a); aucune trace de Hippolyte. Sur son acte de baptême, le parrain était « Abel LeBrasseur », nom de l’époux de Marie Mazerolle, la sœur d’Adélaïde. Comme Pierre et Adélaïde se sont mariés le 28 janvier suivant, notre Thomas serait né deux mois avant leur mariage. Puis, sur son acte de mariage, à Rivière-Saint-Jean, il était bien spécifié « fils majeur de Pierre Desrosbi et de Adélaïde Mazerolle ». La boucle serait-elle enfin bouclée ? À partir d’ici, on entrerait dans la généalogie génétique et l’A.D.N. pour des preuves irréfutables, mais mon idée personnelle est faite sur mon ancêtre Thomas.

As-tu un conseil à donner aux Descendants des ancêtres de Paspébiac ?

Soyez fiers de vos racines. Plusieurs personnes ont partagé des informations essentielles sur les descendants de Paspébiac. Nos recherches communes sont maintenant plus faciles qu’au début de mes propres recherches. En prime, j’ai découvert sur la Côte-Nord et en Gaspésie que mes ancêtres et leurs descendants étaient des gens « recevants » et je crois que l’on doit perpétuer ce qu’ils ont inscrits dans nos gènes.

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