Jamais deux sans trois

Publié le par Lucie Delarosbil

Souvenons-nous des Bernard GRESSIET [1] et Bernard GRECIET [2]. Le premier était venu travailler pour Charles Robin et l’autre avait été charpentier et laboureur, ainsi que le maître de la maison Briquetenia à Bidart. Le premier était décédé à Paspébiac en 1805 et le deuxième, dans une prison anglaise on ne sait quand avant 1818. Or, dans le répertoire de Paronnaud [3], on trouve quatre marins basques au patronyme GRACIET, nés entre 1708 et 1760, et parmi eux un certain Bernard Graciet (Greciet) (p. 333).

Selon son registre matricule, ce dernier Bernard serait né à Urt en 1760. Ses parents Jean et Magdeleine Lalanne habitaient la maison Ganicots à Bidart. Son père était charpentier. La fiche nous apprend aussi sa présence trois fois en quatre ans sur trois navires en partance vers les îles de Saint Pierre et Miquelon, navires portant les noms de Angélique, Marie et Glaucus. La première et la deuxième fois, en 1785 et 1788, il était seulement « passager », et la troisième fois en 1789 il était « matelot ». On ne constate aucune mention de retour dans son pays. Non plus de décès à son sujet, ni d’emprisonnement, ni de désertion, ni de disparition, ni de déclaration « sans nouvelles » de lui.

Il est dommage qu’aucune autre information n’avait été écrite dans l’acte de sépulture de Bernard Gressiet, à Paspébiac en 1805, tels que les noms de ses parents ou de son épouse s’il en avait une. Pas le choix, il faut faire avec ! Par ailleurs, il serait intéressant de connaître cet extrait mortuaire dont faisait référence l’acte de mariage en 1818 concernant Bernard Greciet décédé dans la prison de Bristol. Pas d’année de son décès ! Pour ce qui était de Bernard Graciet (Greciet), le troisième, on remarque des points de convergence vers les deux autres.

D’une part, il n’était pas mentionné « marié », tout comme le premier. Cela ne veut pas nécessairement dire que l’un et l’autre ne l’étaient pas. À Paspébiac, l’important était peut-être seulement de spécifier l’état de Basque du premier au service de Robin, marié ou pas. Puis, lors des inscriptions dans sa fiche maritime, entre 1785 et 1789, le troisième n’était peut-être tout simplement pas encore marié et son année de naissance concordait d’environ cinq ans avec l’âge au décès du premier. Par ailleurs, ces deux Bernard pouvaient être le même homme par le seul fait qu’on sait que des Basques étaient passés, avant d’arriver à Paspébiac, par les îles de Saint Pierre et Miquelon, et ce dans la même période, tels ceux qu’on suppose, Jean Aspirots [4] et Pierre Arotsena [5], deux de nos pionniers. D’autre part, il venait de Bidart comme le deuxième. Leurs noms de famille portaient la même graphie ou presque, tous les deux apposés dans des documents basques. Puis, le métier de son père inscrit dans sa fiche matricule s’avérait le même que celui du deuxième Bernard et de son fils Dominique, tous les trois mentionnés « charpentier ». Ils auraient très bien pu pratiquer ce métier de père en fils sur trois générations.

Facile de croire que les trois Bernard étaient le même homme ! Très tentant même de nourrir la certitude. Il faut chercher et trouver d’autres documents pour confirmer une telle hypothèse. À suivre !

Publié dans Basques & Pays basque

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