Le mariage de Jean-Marie Dugué

Publié le par Lucie Delarosbil

17 octobre 1768 - Québec

Acte de mariage de Jean-Marie Dugué et de Marie-Anne Tareau, le fils de René Dugué et de Marguerite Lebreton, et la fille de Pierre Tareau et d’Agathe Lainé de Québec.

Le Dix Sept Octobre Mil Sept cent Soixante huit sur la dispense / d’un Ban de mariage accordée par Monseigneur L’Eveque Le huit / du présent mois et après La publication de deux autres Bans / faite au Prône des Messes Paroissiales entre Jean Marie Dugué / natif de Pabeau dans la Baye des chaleurs demeurant à Paspé / biack fils de feu René Dugué et de Margueritte Labertonne / d’une part, et Marie Anne Tareau de cette ville fille de feu / Pierre Tareau et d’Agathe Néné d’autre part ne s’étant découvert / aucun empechement au dit mariage Nous Curé d’Office de Quebec / Soussigné avons reçû leur mutuel consentement et leur avons / donné La Bénédiction Nuptiale suivant La forme prescrite par / Notre Mere La Ste Eglise et ce en présence de jacques Campeau, et / de jean Baptiste portugais amis de L’époux, de Mr / jean Baptiste Le Compte Dupré negt de cette ville / Servant de pere à L’épouse, de françois Roza, de / nicolas portugais, de pierre paquet, et de jean / Samson, cousins, de marie josephe coupy, de charlotte / de L’être, cousines, de marie agathe Tareau, Soeur, / de genevieve maillou, et D’elizabeth Samson, amies / de L’épouse, et de plusieurs autres temoins dont Les / uns ont Signé avec Nous, et Les autres ont Décla / ré ne Scavoir Signer, ainsi que Les epoux, Lecture / faite

Une dizaine de personnes avaient apposé pêle-mêle leurs signatures:

LeCteDupré // francois roza // p paquet // veuve maillou // Marie josephe // ganbatisportius // [gapion] // nicolaporlugais // Ladouceurs // DeLéry Curé D’office

À Québec, par cet acte, on apprenait que Jean-Marie Dugué (aujourd'hui Duguay) était originaire de la baie des Chaleurs. On précisait son lieu de naissance, « Pabeau » (Pabos), et les noms de ses parents, René et Marguerite « Labertonne ». Ce dernier nom serait-il une variante, combinée et féminisée, de Lebreton et de Berton, ces deux noms qui lui étaient habituellement attribués ? Jean-Marie résidait à « Paspébiack » (Paspébiac), son père était décédé et sa mère, toujours vivante. Alors qu'il n'avait que deux amis, Jacques Campeau et Jean-Baptiste Portugais, présents à son mariage, la nouvelle épouse était entourée de cousins, cousines, amies, et de sa soeur Marie-Agathe. Par ailleurs, un négociant de Québec, un homme de famille reconnue dans le commerce à Montréal depuis trois générations, « Le Compte Dupré » (Comte), remplaçait le père de Anne-Marie Tareau, aussi décédé. Mais qui était ce « Curé d’Office de Québec » qui avait signé « DeLéry » ? Ou « DeZéry » ? Tiens ! Hasard ? Jean-Baptiste Le Comte Dupré avait un beau-frère ingénieur, nommé Joseph-Gaspard Chaussegros De Léry. Les deux hommes avaient épousé les filles, Catherine et Louise, du négociant et armateur François Martel de Brouague.

© Lucie Delarosbil, 2014

Sources: FamilySearch, Québec, registres paroissiaux catholiques, 1621-1979, Québec, Notre-Dame-de-Québec, BMS 1759-1768, Image 585 de 599. « Le comte Dupré, Jean-Baptiste », « Chaussegros de Léry, Gaspard-Joseph » et « Martel de Brouague, François » dans le site Dictionnaire biographique du Canada. À lire: « Le vrai nom de l'épouse de Jean Marie Dugué » dans ce blogue.

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Jean-Michel Girardot 30/12/2014 20:46

Ladouceurs rappelle ces surnoms que portaient les soldats français dans les régiments de la même époque. Portugais indique-t-il une origine ?

Lisette Dupuis 30/12/2014 21:22

Il y avait un Dassylva dit le Portugais l'origine vient peut-être de là,car les Dassylva sont de cette origine
Lisette Dupuis

Marcel 30/12/2014 20:34

Dans l'acte de baptême suivant, la signature "Dézéry" est plus évidente.

Marcel 30/12/2014 20:33

Selon le livre de Jean-Marie Lebel, "La paroisse Notre-Dame de Québec, ses curés et leurs époques", Septentrion, 2014, il n'y avait pas de curé nommé officiellement en 1768, c'est François-Xavier Latour-Dézéry qui était alors vicaire en chef, ou desservant 1768-1769. Il aurait été "nommé d'office" curé pour ce mariage (et autres activités ??). Donc, la signature au bas de l'acte de mariage peut être "Dezéry".

Lucie 31/12/2014 04:20

Merci beaucoup Marcel ! Tu as tout à fait raison.
J'avais hésité sur la signature DeZéry et changé mon idée en pensant que le Z (trop bien fait) était une sorte de L mal fait, si on peut dire (hihi), et ma recherche s'est dirigée vers DeLéry ... et ce que j'ai trouvé mentionné ci-haut...
Mais quel hasard ! Quand même ! N'est-ce pas ?
Passionnant pareil ! Hein ?
Bonne fin d'année 2014 !