Mêmes histoires, mêmes questions

Publié le par Lucie Delarosbil

Le 15 novembre 1802, à Paspébiac, Rosalie Chamberland épousa le pionnier anglais Thomas Fulham. Selon leur acte de mariage, Rosalie était la « fille majeure de Jean Baptiste Chamberland de Nipisiquit & de Marie Thérèse Despeaux ». De son côté, Thomas était le « fils majeur d’Andrew Thomas Fulham & de Mary Collins de Londres ». L’époux avait apposé sa belle signature avec celles de deux témoins et du prêtre. Thomas vivait déjà à Paspébiac en 1796, sa présence figurant en tant que parrain de Lazare Dugué, le fils de Jean-Marie et de Marie-Anne Tareau, le 6 janvier, jour du baptême de l’enfant. Rosalie et Thomas résidaient à Hopetown où ils eurent au moins sept enfants.

Les enfants de Rosalie et Thomas

1. Anastasie Fulham, née le 21 août 1803, épousa Luc Huard vers 1821, le fils de François et de Henriette Anastasie Duguay. Veuf de Françoise Grenier depuis 1819, Luc avait déjà deux enfants, Charles (1817) et Constance (1818). Leurs neuf enfants: Sophie (1823), Luce (1825), Hippolyte (1828), Rosalie (1830), Luc (1832), Véronique (1834), François (±1837) et les jumeaux Gilbert & Sophie (1840).

2. Joseph Fulham, né le 10 mars 1805, épousa Elisabeth Boucher, la fille de Joseph et de Catherine Marcel, le 17 novembre 1829, à Caraquet. Leurs dix enfants: Honoré (1830), Marie (1833), Léa (1834), Marie Adenise (1837), Marie (1844), Pierre (1846), Elisabeth (1848), Marthe (1850), Saturnin (1851) et Joseph (1852). Veuf avant 1861, Joseph se remaria le 24 janvier 1863, à Tracadie, avec Adélaïde Landry, la veuve de Pascal Thériault. Un enfant naquit de ce couple, Honoré dit Henri, le 29 novembre 1863. Établi à Caraquet, Joseph fut inhumé le 4 juin 1879.

3. Hippolyte Fulham, né le 22 juin 1807, épousa Modeste Denys, la fille de Louis et de Adélaïde Huard, le 26 novembre 1839. Leurs neuf enfants: Hippolyte (1840), Moïse (1842), Ambroise (1844-1874), Louis (1846), Urbain (1848), les jumelles Adélaïde & Anastasie (1851), Anne (±1852) et Joseph (1854). En secondes noces, il épousa Élisabeth Duguay, la fille de Julien et de Modeste Duguay de Newport, le 25 avril 1857. Il fut inhumé le 26 juin 1863.

4. Marie Fulham, née le 19 mai et décédée le 23 août 1810.

5. Thomas Fulham, né le 14 septembre 1811, épousa Marie Murray (Morais) qui eut au moins trois enfants: Jean-Louis (±1852), Edouard (1854) et Hippolyte (1851). Ils vécurent à Newport, puis s’établirent à Caraquet. Jean-Louis et Hyppolyte devinrent des navigateurs.

6. Jean Fulham, né le 27 décembre 1813, épousa Marie Laroque, la fille d’André et de Marie Lacroix, le 9 février 1843. Leurs enfants: Jean (1843) et Augustin (1852).

7. Véronique Fulham, née le 8 mars 1816.

Le second mariage de Rosalie

Devenue « veuve de Thomas Foulem », on ne sait où ni quand entre 1816 et 1820, Rosalie se remaria le 9 avril 1821 avec un supposé Jean « Albert », le « fils majeur de défunt Jean Albert et de Marie Grenier ». En fait, il devait s’agir de Jean Lambret (ou Lambert), né le 4 octobre 1789, à Grande Rivière, et dont les parents, Jean Lambret et Marie Grenier (fille de Jean & Catherine David), s’étaient mariés au même endroit le 22 août 1789. Rosalie et Jean Lambret auraient eu deux filles.

1. Marthe Lambret, née le 28 mars 1820, contracta trois mariages au cours de sa courte vie: à 17 ans, à 21 ans et à 32 ans. Le 1er juin 1837, son premier mariage eut lieu avec Félix Cyr, fils de Pierre et de Rosalie Grenier, de Percé. Ils eurent deux garçons: Félix (1838) et Ambroise (1839). Le 30 juin 1841, son deuxième mariage eut lieu avec Louis Mazerolle, fils de Joseph et Marie Kiuneau, de Newport. Ils eurent cinq enfants: Marie (±1840), Adélaïde (1843), Germain (±1847), Joseph (1850) et Louis (1851). Les deux dernier moururent à l’âge de deux ans. Le 23 novembre 1852, son troisième mariage eut lieu avec Alexis Montiny, le veuf de Basilice Duguay. Au moins un seul enfant naquit de cette dernière union: Alexis (1853). Âgée de 34 ans, Marthe décéda le 6 janvier 1855 à Newport. Marthe était née près de treize mois avant le mariage de ses parents, la mention « légitime » ne figurant pas sur son acte de baptême, François Huart et Lucille Le Courtoy étant ses parrain et marraine.

2. Marie Lambret, née le 15 janvier et baptisée le 9 mars 1822, était inscrite « fille légitime de Jacque Lambret et de Rosalie Chamberland ». Ses parrain et marraine étaient Alexandre Lambret (le frère de son père) et Anasthasie Foulem (sa demie soeur aînée). Décédée le 20 juin, elle fut inhumée le 21 août 1823, « âgée d’un an et demi ». Sur son acte de décès, son père fut inscrit sous le prénom de Jean et sa mère sous celui de Rose. Selon les deux actes, baptême et sépulture, Jacques ou Jean Lambret ne pouvaient être que ce Jean « Albert », le second époux de Rosalie, dont le nom de famille aurait été mal interprété lors de leur mariage. Par ailleurs, Marie était née neuf mois après le mariage de ses parents.

De Rosalie à Marthe

Sur l’acte de mariage de Marie Mazerolle, le 6 novembre 1861, on avait écrit: « fille majeure de défunt Louis Mazerolle et de défunte Marthe Foulem », une citation qui provoque des questionnements sur les véritables origines paternelles de la fille et de la mère, Marie Mazerolle et Marthe Lambret.

Même si des erreurs se retrouvent souvent dans les actes (avec preuve pour appuyer, bien sûr), que Marie Mazerolle fut qualifiée et inscrite comme « majeure » confirmerait qu’elle était née avant le 6 novembre 1840, donc plus de huit mois avant le mariage de ses parents. Était-elle vraiment la fille de Louis Mazerolle ? Était-elle plutôt l’enfant posthume de Félix Cyre ?

On rencontre sensiblement la même histoire au sujet de sa mère Marthe Lambret vingt ans plus tôt en 1821. Puis on la retrouve identifiée sous le nom de « Foulem » en 1861, comme pour rétablir ses véritables origines paternelles. Était-elle vraiment la fille de Jean Lambret ? Était-elle plutôt l’enfant posthume de Thomas Fulham ?

Mêmes histoires, mêmes questions.

© Lucie Delarosbil, 2015

Modification: 18 juin 2015

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Sebastien Lefrancois 30/04/2015 20:41

Thomas était le « fils majeur d’Andrew Thomas & de Mary Collins de Londres ».
Pouvons nous supposer qu'il a pris le nom de son père comme prénom et un le nom d'un district de Londres comme nom de famille ? peut-être bien.

Beau travail j'adore vous lire.

Lucie Delarosbil 07/05/2015 00:23

Il était bien écrit « Andrew Thomas Fulham ». Merci pour la précision. J'ai fait un oubli majeur, je corrige.
Ce lien: https://beta.familysearch.org/pal:/MM9.1.1/NV23-849
Intrigant, ce mariage à Londres entre Andrew Fulham et Mary Collings le 11 octobre 1770.