On farfouille du côté de Percé

Publié le par Lucie Delarosbil

Connue comme étant la fille de Julien Lepeau dit Lavielle et de Marie Monjouesh [1] , Thérèse Lepeau serait la soeur de Geneviève Lepeau. [2] Fille d’une pionnière et pionnière à son tour, elle était aussi la mère d’une pionnière. Sa fille Rosalie Chamberland avait épousé le premier Fulham venu vivre à Paspébiac. Le 15 novembre 1802, dans l’acte de mariage de Rosalie, elle était inscrite « Marie Therese Despeaux », le père de Rosalie étant Jean-Baptiste Chamberland de Nipisiguit. Aucune mention de mariage ou de décès à son sujet. Aucun parent de la mariée parmi les deux témoins qui avaient signés. [3]

Sur le web, il est souvent supposé que Rosalie serait née vers 1780 et Thérèse, décédée vers 1784. Mais revenons à des années plus lointaines, à Percé, dans une mine d’informations rares.

Le 20 août 1776, Joseph Mathurin Bourg avait baptisé « Marie magdelaine fille illégitime né à la grande rivière le vingt janvier de l’année mil sept cent soixante et treize ». La mère « âgée d’environs dix-huit ans » se nommait « marie théraise la fièle dit delbo », le père était inconnu. L’enfant née en 1773, la mère de quinze ans serait née autour de 1758. Si cette jeune femme, Marie Thérèse, était la soeur de Geneviève Lepeau, elle serait née deux ans avant son mariage avec Gabriel Huart. [4]

Le 5 août 1795, au même endroit, un autre enfant « illégitime » était prénommé Charles, né le 1 décembre 1794. Sa mère: « Madeleine Lepau », sans aucune mention d’un père, inconnu ou pas. Sa marraine: « Louise Deresche », sans aucun doute la fille de Geneviève Lepeau, celle mariée à Charles Langlois depuis 1788. Trois jours plus tard, le 8 août, toujours à Percé, « thérèse Lepeau fille majeure de feu jean Lepeau et de thérese Deresche habitant de percé » se mariait avec un certain Jean-Baptiste Normandeau de Québec. Cependant entre 1796 et 1801 la mère des quatre enfants de cet homme était prénommée Madeleine, et non Thérèse, et son patronyme variait autant de fois: Lepeaux, Lepaux, Depeaux et Despau. Y aurait-il donc eu des confusions de prénoms, et peut-être même de noms, lors de la rédaction de l’acte du mariage ?

En effet, si Thérère Deresche avait été la fille du seul de ce nom dans la région, Roch Daraiche, et de la mère de ses enfants, Geneviève Lepeau, il aurait fallu qu’elle naisse au moins trente-six ans plus tôt pour être la mère d’une fille majeure, ce qui veut dire avant 1759, ce qui s’avère impossible. Par ailleurs, une Madeleine Lepeau déjà connue qui pouvait porter le nom de Lepeau serait la fille illégitime née en 1773. On pourrait se demander si le mariage de 1795 avait été une occasion de reconnaître certaines réalités familiales, certaines vérités cachées. Pourquoi pas ?

Madeleine était-elle la demie-soeur de Rosalie ? Les Normandeau et les Fulham étaient-ils cousins ? Pourquoi une Thérèse Lepeau deviendrait une Thérèse Daraiche ? Pourquoi un Jean Lepeau aurait-il été un père inconnu ? Et les questions qui ne cessent... Et je m’arrête pour conclure.

Même si Thérèse Lepeau n’apparaît qu’une seule fois (sosa 219) dans ma généalogie, par sa fille Rosalie Chamberland (sosa 109), je garde l’intuition qu’avant de devenir mon ancêtre, sa vie avait été remplie d’ombres, qu’elle avait vécu une bien intrigante histoire. Thérèse Lepeau était la grand-mère des premiers Fulham nés à la baie des Chaleurs. Son arrière-petite-fille, Adélaïde Fulham (sosa 27), fille d’Hippolyte mariée avec Alfred Lebrasseur, avait été la grand-mère maternelle de mon grand-père maternel.

© Lucie Delarosbil, 2015

Publié dans Pionnieres, Ancien village

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lemenuisiart 21/06/2015 20:26

Bienvenue dans la communauté des métiers d'antan

Lucie Delarosbil 22/06/2015 00:10

Merci de m'accueillir ! Et bienvenue dans la communauté de « Paspébiac » !