Hypothèse de l'origine des Michel

Publié le par Lucie Delarosbil

À Québec, le 5 avril 1690, un Olivier Michel était cité témoin au contrat de mariage de son beau-frère Jean Cauchon. Le 1er mars 1695, il vend à Québec un emplacement de terre à Guillaume Dupont, tailleur d’habits, marié à sa fille Marie-Madeleine depuis 1693. Le 19 octobre 1698, il est cité témoin au contrat de mariage de sa belle-soeur Louise Cauchon, ainsi qu’un dénommé René Hubert. Le 28 décembre 1698, son épouse, Marie-Madeleine Cauchon, décède. Le 6 février 1699, il est encore cité témoin sur un contrat de mariage avec René Hubert. Il est inhumé le 26 avril 1699. Le 3 juillet 1699, un acte notarié est produit au sujet de ses enfants mineurs et du même emplacement de terre et d’une maison sis sur la rue Champlain, en basse-ville de Québec. On constate notamment que Guillaume Dupont vend la propriété au nom des enfants, en tant que tuteur légal.

Un nom attire particulièrement l’attention, c’est René Hubert. Pourquoi, donc ? En 1669, il épouse une fille du roi, Françoise de Lacroix. Le 14 novembre 1696, il reçoit de Louis de Buade la concession de la seigneurie de la rivière du Grand Pabos. En 1709, son épouse décède. En 1711, il épouse en secondes noces la veuve Genaple de Bellefonds, Marie-Anne de Laporte. De 1711 à 1713, il est l’adjoint du greffier De Monseignac. En 1714, il devient premier huissier du Conseil Supérieur de Québec. En 1818, veuf à nouveau; il épouse Angélique Faveron la même année. Le 25 juin 1724, il donne la moitié du fief du Grand Pabos à ses enfants issus de sa première épouse. Le 31 août 1725, il décède à 77 ans. Le 22 octobre 1729, ses héritiers vendent le fief à Pierre Lefebvre de Bellefeuille.

Du côté de nos ancêtres à la baie des Chaleurs, nous avons un pionnier connu sous le nom d’Olivier Michel. Il est présent dans deux recensements : en 1761 à Grande-Rivière et en 1765 dans le comté de Gaspez. Il a une femme, un garçon et une fille. Nous le connaissons comme étant l’époux de Madeleine Caplan, la fille de Guillaume et d’une dame micmaque de nom inconnu. Le couple apparaît sur l’acte de mariage de leur fils François en 1780. Olivier est déjà décédé.

L’an mil sept cent quatre vingt le - vingt neuf mars je sousigné ay marié selon les - ceremonies ordinaires de Leglise - apres la publication de deux Bancs et - dispensé du troisième du consentement - des parents de part et d’autre sans qu’il - ce soit trouvé aucun autre empaichement - en présence de tout le peuple et des quatres - temoins sousigné sçavoir François Michel - fils de féu olivier michel et de magdelaine - Caplan avec anne cronié fille de Jean - cronié et de marie Rouseau - - François michel contractant + - - anne Cronié contractante + - - jean cronié temoins - - pierre Garnier + - - françois Dugaie + - - Jean Chapadeau + - - Joseph Mth Bourg Prêtre Miss.

Par ailleurs, à Québec, il existe deux actes notariés citant notre Olivier Michel. Le premier, du 12 mai 1736, concerne deux chaloupes laissées à Pabos par un certain Sieur Gaillard. Olivier Michel devait les vendre pour la veuve Gaillard; elle n’aurait jamais reçu l’argent. Le second, du 28 avril 1740, mentionne qu’il est habitant de Grande-Rivière et qu’il doit 750 livres à Yves Desrochers, un navigateur de Québec. La somme aurait servi pour les besoins de sa fille, Marie Michel, à savoir sa pension aux Ursulines de Québec pendant dix-neuf mois et son inhumation.

Au sujet de la certaine dame Gaillard, il est fort possible qu’elle s'appelait Marguerite Hiriart, veuve de Domingo Gaillard, né en Espagne et habitant à Sare, au Pays basque. Gaillard était hors service depuis le début de janvier 1729 quand il décéda le 3 décembre 1735.

Revenons au premier Olivier Michel (dit Taillon). Il avait été baptisé sous le prénom d’Étienne, à La Rochelle, en France. Il avait emprunté le prénom de son jumeau, mort au berceau. Peut-être pour honorer sa mémoire ! À Québec, en 1667, il était domestique chez Jehan Cauchon. En 1671, il avait épousé la fille de son employeur. Son nom est cité au moins deux fois dans des actes notariés avec la présence de celui de René Hubert, le seigneur de Pabos de l’époque. Il est fort plausible que l’un des fils orphelins d’Olivier Michel ait été encouragé par René Hubert à se transporter à Pabos pour y faire sa vie.

Les seize enfants connus du couple Michel et Cauchon étaient nés entre 1674 et 1698. Aucun ne se prénommait Olivier. Se pourrait-il que l’un de ses fils aurait changé de prénom pour adopter le même que son père ? Pourquoi pas ? Puisque le père lui-même avait changé son prénom d’Étienne pour Olivier, celui de son frère jumeau. Peut-être que, par exemple, François Michel, né le 11 décembre 1690, à Québec, aurait fait comme son père Olivier, pour honorer sa mémoire. On ne trouve aucune suite à la vie de ce François, fils du couple Michel et Cauchon. Puis, notre Olivier Michel avait prénommé son fils François et celui-ci, un de ses fils, Etienne.

© Lucie Delarosbil, 2017

Sources: Michel Emard, Inventaire des documents de la Seigneurie de Pabos (1696-1978), Cahiers gaspésiens no 1, BAnQ, recherche simple dans Pistard. Dictionnaire biographique du Canada. Olivier Michel dans Généalogie Québec. Jean-Claude Paronnaud, Basques et Gascons..., p. 319. FamilySearch, Carleton, images 135-136 sur 564.

 

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