Barachois, c'est quoi ?

Publié le par Lucie Delarosbil

Barachois, un mot qui concerne profondément la vie des Paspéyas depuis longtemps ! D'où vient-il ? Que veut-il dire en vérité ? On a longtemps entendu son sens dans l'expression « barre à choir », ce qui semble tout à fait érroné comme réponse. On dit aussi que le mot micmac ipsigiaq, attribué à l'origine du mot Paspébiac, signifie barachois.

En 2001, Geneviève Joncas explique l'évolution de ce mot dans un article de la revue Québec français intitulé « Barachois : quand étymologie savante et étymologie populaire se confrontent… ».

Selon le dialectologue Patrice Brasseur, barachois viendrait du basque barratxoa (notez qu'il faut prononcer ba-ra-tcho-a), qui signifie « petite barre ». Appuyant la thèse de P. Brasseur, la linguiste basque Miren Egana Goya soutient que la plus belle preuve de l'origine basque de barachois est le fait que le mot barrachoa apparaisse très tôt - dès 1689 - sur une carte de Terre-Neuve dressée par un navigateur basque, Piarres Detcheverry. Dès la fin du XVIIe siècle, les marins basques auraient transmis le terme aux navigateurs français... (no 124, p. 101)

Ainsi, barachois serait la version française du mot basque barratchoa. En ce qui me concerne, je n'ai aucune difficulté à le croire. Donc, j'adhère !

Par ailleurs, au sujet de la photo qui inaugure cet article, laquelle dit représenter « Le poste de pêche de Barachois. Village gaspésien près de Percé, vers 1935 », il y a erreur. Cette photo, très connue d'ailleurs, est plutôt celle du chemin qui mène au banc de pêche de Paspébiac.

Aussi, au sujet de Pierres Detcheverry, qui écrivit en 1677 un routier en euskara (langue basque), il nommait notre patelin Pecebiac et les gens de Paspébiac, pecebiacoac. Voir le tableau dans Annexe : Traduction du document. (Loewen et Goya, 2014) Il serait pertinent d'étudier, ou de savoir si ce n'est déjà fait, comment le mot micmac ipsigiag serait devenu le mot basque pecebiac et aboutir au mot Paspébiac.

De fort intéressantes informations pour en venir à corriger une source dans notre revue mensuelle qui se nomme sans hasard Le Barachois de Paspébiac ! En mars 2010, Pierre Provost, généalogiste recherchiste agréé, y publiait l'article « Les Castilloux » dans la série de nos Grandes familles de la chronique Histoire et patrimoine. (p. 10) L'article fut publié une seconde fois en 2013. Dans cet article, M. Provost faisait référence à des recherches attribuées à une certaine personne, (personne avec qui j'avais collaboré sur les recherches sur Bertrand), qui était au courant de ma propre trouvaille à Bidart, lors de mon voyage au Pays basque en juin 2008, de l'acte de mariage des parents de notre pionnier. Cette personne, citée comme étant celle qui avait trouvé l'acte en question, ne donnait pas grand précision au sujet de sa « supposée » trouvaille, que le mois et l'année du mariage. Puis elle ne fournissait pas à M. Provost une copie de l'acte de mariage, comme elle le ferait avec le document de la marine de Bertrand Darrosbide, publié le mois suivant pour l'article « Les Delarosbil ». (p. 10)

Dans son article sur les Castilloux, M. Provost précisait : 

Comme il signe son acte de mariage la comparaison avec sa signature d'actes signés en Gaspésie pourrait nous le confirmer (à suivre). 

Jean Castilloux n'a eu qu'un seul fils, Jean... Sachant que Jean fils est décédé le 16 octobre 1824 à l'âge de 60 ans, on peut présumer qu'il serait né vers 1754. On ne sait malheureusement pas à quel endroit, au pays basque? En Gaspésie? Nous poursuivons les recherches.

Pourtant, les recherches étaient en cours depuis 2008, les trouvailles fusaient depuis presque deux ans et la source de M. Provost le savait. D'ailleurs, j'avais déjà trouvé l'acte de baptême du fils pionnier, né à Bidart en 1751, ainsi que ceux de sa fratrie. Il n'était donc pas le seul enfant du couple.

Mis au courant de ce que je croyais être une « confusion », après lui avoir envoyé des preuves, M. Provost me promit de rectifier la situation en faisant publier un erratum quand il aurait terminé « toutes les familles » de Paspébiac. Il décéda en mars 2013, trop jeune malheureusement. De mon côté, je n'ai jamais su si son projet de «  toutes les familles » était complété, mais l'article sur les Castilloux fut à nouveau publié ce même mois dans Le Barachois de Paspébiac, puis plus rien dans les mois suivants.

© Lucie Delarosbil, 2019

Modifications : 14 novembre 2019

Publié dans Basques

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C
Un autre article très intéressant Lucie! Bravo! Je continue à te lire et invite à toute occasion les gens que je connais et qui si t intéressé par l’histoire et la généalogie de te lire!!!!
PS: Mr Provost était marié à Mme Andrée D’Amour... je lui ai déjà parlé (ils habitaient dans la maison de mon grand père ... ) elle pourrait peut-être te renseigner sur bien des choses ... je cris qu’elle a des photos aussi...juste une suggestion comme ça! Bon travail!
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