Quand Beaudry était-il mort ?

Publié le par Lucie Delarosbil

Le premier enfant du pionnier Jean Castillou et de son épouse Jeanne Chapado était une fille. Née à Paspébiac, le 21 décembre 1780, elle fut ondoyée par Louis Dunis (oncle de la mère). Baptisée le 2 mai 1781 par le curé Joseph Mathurin Bourg, elle fut prénommée Marguerite. Ses parrain et marraine furent Placide Bujol et Marie-Claire Bujol. Sa mère était inscrite sous le prénom de Marie-Anne. Il est étrange de voir que la grand-mère maternelle, Catherine Laroc, ne devint pas la marraine du premier enfant de ce couple, d'autant que ce fut une fille.

Le 17 janvier 1809, Marguerite Castillou épousa François-Xavier Brasseur, le fils de François-Xavier et de Louise Gautier. Il était né vers 1780. Étaient présents à leur mariage Jean Castilion (père), Jean Chapados (oncle ou cousin) et Louise Gautier (mère). 

Les enfants du couple Castillou-Brasseur

1. Dominique, né le 6 juillet 1808 et baptisé le 28 novembre à Paspébiac. Parrain et marraine : François Huart (cousin de la mère) et Marie Chapados (grand-mère maternelle). Il décéda à 30 ans le 18 avril 1839 et fut inhumé deux jours après à Paspébiac, en présence de Hubert Castilleau (frère de la mère) et Louis Denys (cousin de la mère). Son acte de sépulture le surnomme ''Dominique dit Lebrasseur''. 

2. François, né le 28 juillet 1810 et baptisé le 7 août à Paspébiac. Parrain et marraine : B. Castilion (frère de la mère, probablement Benjamin) et Louise Gautier (grand-mère paternelle). On ne sait ce qu'il advint de ce deuxième enfant, peut-être décédé en bas-âge.

Le 6 septembre 1810, François-Xavier se noya à Paspébiac, ''en assistant sur une barge'' le capitaine d'un bateau appartenant à la Charles Robin et Cie. C'était un mois après la naissance de son deuxième enfant. Sa fosse fut bénie le 27 novembre, en présence de Jean Chapados (oncle ou cousin de sa veuve), Michel Chapados (cousin de sa veuve), Nicolas Brasseur (son frère) et Emmanuel Brasseur (son cousin). Il avait environ 30 ans. 

Deux ans et cinq mois plus tard, le 15 février 1813, Marguerite se remaria avec Jacques Baudri, le fils d'Étienne et de Marie Bouchard, de Saint-Michel, une municipalité située près de Québec. Les quatre témoins étaient tous apparentés à l'épouse : Jean Chapados (oncle ou cousin), Bénoni Chapados (cousin), Jean Castilloü (père) et Benjamin Castilloü (frère). Les deux Chapados étaient cependant désignés ''amis de l'époux''. De 1813 à 1830, Marguerite Castillou et Jacques Baudry avaient eu six enfants nés à Paspébiac et le petit dernier né à Port-Daniel. Deux des enfants étaient décédés en bas-âge, à 13 et à 20 mois, une autre s'était mariée mais n'avait pas eu d'enfants, un autre était resté célibataire. Les trois autres enfants eurent une descendance à Port-Daniel et à la Côte-Nord. Jacques Beaudry, le père, était souvent absent aux baptêmes de ses enfants.

En 1825, lors du recensement, Marguerite Castillou vivait à Paspébiac avec son second époux et six enfants. L'un d'eux était celui issu de son premier mariage avec François-Xavier Brasseur. Le petit dernier, Rubin (ou Urbain), n'était pas encore né.

À cette date, à Paspébiac, il y avait aussi son frère André, marié avec Geneviève Dunn et leurs cinq enfants; son frère Hubert, marié avec Marguerite Grenier et leurs cinq enfants; et sa soeur Adélaïde, mariée avec François Huart et leurs deux enfants. Comme Rubin était né à Port-Daniel en 1830, le couple Castillou-Beaudry avait déménagé de Paspébiac. Les autres frères et soeur de Marguerite Castillou : Benjamin, Bernard, Isaac, Etienne, Florent et Angélique résidaient déjà à Port-Daniel. Leur père était décédé depuis quelques mois en 1824 et leur mère vivait encore.

Âgée de 76 ans, Marguerite décéda le 23 novembre 1857 et fut inhumée le 25 à Port-Daniel, en présence d'Ambroise Darèche et de Jérémie Langlois. Elle était citée ''veuve de Jacques Beaudry en son vivant pêcheur'' et âgée d'environ 75 ans. On ne sait quand et où ce dernier était mort.

Les enfants du couple Castillou-Beaudry

1. Vénérande, née le 30 décembre 1813 et baptisée le 1er janvier 1814 à Paspébiac. Parrain et marraine : Hubert Castilloü (frère de la mère) et Rosalie Grenier (soeur de la future épouse du parrain). Le 12 janvier 1836, à Paspébiac, Vénérande épousa Jean-Marie Duguay, le fils de Fabien et de Marie-Anne Daraiche, née le 5 octobre 1812. Les Beaudry-Duguay ne semble pas avoir eu d'enfants. On peut se demander si, en 1861, ce couple n'hébergeait pas les cinq personnes qui les suivaient dans le recensement : Marie Darosbil, cuisinière de 26 ans, Victoire Darosbil, servante de 21 ans, Frédérick Decaen, instituteur de 32 ans, Charles F. Decaen, enfant de 2 ans, et François Arsenault, domestique de 21 ans. Jean-Marie décéda à 61 ans, le 24 février 1874, et fut inhumé le même jour à Paspébiac. Vénérande décéda à 90 ans, le 28 juin 1904, et fut inhumée le 30 à Paspébiac. 

2. Isaac, né le 3 décembre 1815 et baptisé le 13 à Paspébiac. Parrain et marraine : Etienne Castillou (frère de la mère) et Marguerite Huart (fille de Marguerite Lanteigne, nièce de la mère), le père absent au baptême. En 1861, âgé de 45 ans, pêcheur à Percé, Isaac ''Boudrie'' résidait chez Rémi Desbois et Mary Ann Nicklis, ou dans leur voisinage. Il décéda à 80 ans et fut inhumé le 3 juillet 1896 à Port-Daniel. Il semble être demeuré célibataire.

3. Adélaïde, née le 27 septembre 1818, baptisée le 2 octobre à Paspébiac. Parrain et marraine : Pierre D'Arosbil (fils de la cousine de la mère) et Adélaïde Castillou (soeur de la mère), le père absent au baptême. Le 4 février 1839, à La Nouvelle, elle épousa Florent Langlois, le fils de Jean-Baptiste et de Christine Duguay, né le 31 août 1811 à Port-Daniel. Les onze enfants du couple Beaudry-Langlois, tous nés à Port-Daniel : Geneviève (1838-1902), Florent (1840-), Marguerite (1842-), Aurélie (1844-1933), Dominique (1845-1915), Jacques (1848-1934), François (1851-1931), Gillette (1853-1856), Calixte (1855-1921), Edwidge (1855-1909) et Epiphane (1858-). En 1861, le couple vivait toujours à Port-Daniel; Adélaïde étant la voisine de sa soeur Barbe. Certains prénoms des enfants étaient changés et d'autres, anglicisés, tels que Dominique 15 ans (Michael), Calixte 6 ans (Alexis) et Epiphane 3 ans (Joseph). Florent décéda à 87 ans et fut inhumé le 15 juin 1899 à Port-Daniel. Adélaïde décéda à 88 ans, le 31 août 1907, et fut inhumée le même jour, aussi à Port-Daniel.

4. Marie, née le 2 février 1821 et baptisée le 25 à Paspébiac. Parrain et marraine : Benjamin Castillou (frère de la mère) et Angélique Castillou (soeur de la mère), la mère présente au baptème. Marie avait été ondoyée par Benoni Chappados (cousin de la mère). Elle décéda à 13 mois, le 27 février 1822. Sa fosse fut bénie le 15 mars à Paspébiac, en présence de Philippe Darosbille (serait-ce plutôt Frédéric, 2e fils de Pierre à Bertrand ?) et Alexandre Huard (futur cousin par alliance de la mère).

5. Barbe, née et baptisée le 14 février 1823. Parrain et marraine : François Huard (beau-frère de la mère) et Marthe Albert (belle-soeur de la mère). Vers 1844, on ne sait trop où, probablement à Paspébiac, elle épousa Jules Darosbille, le dernier fils de Pierre et de Rose Duguay, né le 15 juin 1821. En 1861, le couple vivait à Port-Daniel, voisin du couple Beaudry-Langlois. Les onze enfants du couple Beaudry-Darosbille, les deux premiers nés à Paspébiac, les neuf autres à Port-Daniel : Jules (1845-1847), Hélène (1847-1929), Salomée (1849-av1855), Marguerite (1851-1904), Marthe (1853-1934), Salomée (1855-1935), Catherine (1856-av1871), Geneviève (1857-1937), Jules (1859-1949), Appolinaire (1862-1863) et Jacques (1864-1867). Jules de la Rosbille décéda à 50 ans (on disait 48), le 5 juillet 1871, et fut inhumé le lendemain à Port-Daniel, en présence d'Abraham Chapados (fils ou petit-fils de Bénoni, cousin de la mère) et de Jean Chapados (petit-fils de Jean, cousin de la mère ?). Barbe décéda à 73 ans et fut inhumée le 31 décembre 1896 à Paspébiac. Elle avait été ''sage-femme'', citée ainsi dans un baptême, le 12 avril 1883.

6. Hilaire, né le 4 juillet 1825 et baptisé le 5 à Paspébiac. Parrain et marraine : Jules Huard (fils de Marguerite Lanteigne, nièce de la mère) et Esther Chappados (fille de Jean, cousin de la mère), le père absent au baptême. Il décéda à 20 mois. Il fut inhumé le 28 décembre 1826 à Paspébiac, en présence de François Huard (beau-frère de la mère) et Dominique Lebrasseur (demi-frère aîné de l'enfant).

7. Urbain, né le 26 juillet 1830 et baptisé le 30 septembre à Port-Daniel, son prénom orthographié ''Rubin''. Parrain et marraine : Pierre Langlois et Vénérande Beaudry (soeur aînée de l'enfant), le père absent au baptême. En 1861, il était ''serviteur'' de 30 ans chez John F. Gallie et Elisabeth Whittom. Le 7 janvier 1862, à La Nouvelle, il épousa Virginie Aubut, la fille de Michel et de Rosalie Caissy, née vers 1838. En 1761, Virginie était ''servante'' de 23 ans chez Séraphin Grenier et Rebecca Loisel. Les cinq enfants du couple Aubut-Beaudry, les trois premiers nés à Port-Daniel : Joséphine (1862-), Isaac (1865-), Elisabeth-Vénérante (1867-1871), Joseph (1875-) et Guillaume (1877-). Au recensement de 1871, le couple vivait encore à Port-Daniel avec leurs trois premiers enfants. Inscrit sous le nom ''Ruba Boudrie'', Urbain était pêcheur. Elisabeth, qui allait mourir le 23 décembre 1871 à 4 ans, était toujours vivante. En 1881, on retrouvait le couple à Pointe-aux-Esquimaux, en Côte-Nord, avec leurs trois fils : Isaac 15 ans, Joseph 5 ans et Guillaume 3 ans; Joséphine 18 ans était mariée avec Charles Methot et avait un fils de 3 ans. Urbain était journalier. En 1891, le couple était au même endroit avec les mêmes quatre enfants. C'était la seule famille Beaudry du district de Saguenay. De même, en 1901, tous les Beaudry, une quinzaine, se trouvaient à Pointe-aux-Esquimaux, mais ni Urbain, ni son épouse Virginie. 

© Lucie Delarosbil, 2020

Publié dans Castillou

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J
Rueben Beaudry est décédé le 3 fév. 1917 à Mingan. Marie-Virginie, son épouse, le 16 mars 1917 au même endroit.

Jean-Pierre Joncas
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J
Nom reçu au baptême le 30 sep. 1830 à Port-Daniel. Parrain: Pierre Langlois, marraine: Venerante Beaudry. Le père est absent. Reg. Paspébiac f. 11. b. 32. (1830).
L
Merci, Jean-Pierre, pour ces détails. C'est très apprécié.
Dois-je supposer que ''Rueben'' était le prénom inscrit dans l'acte de sépulture ?
É
Tant qu'à y être, un autre commentaire, de nature linguistique cette fois. Lucie, désolé si j'abuse de ton blogue. Dans ton article, il est question du prénom «Ruben» qui passe à «Urbain» (Beaudry). Ce phénomène est nommé «métathèse», et il est très fréquent dans pratiquement toutes les langues. Ce phénomène de changement phonétique est d'ailleurs un puissant moteur de la transformation (et de l'évolution) des langues. Le même principe est en jeu dans les couples lexicaux suivants: infARctus/infRActus, aÉRoport/aRÉoport, ROland/ORlando, fROmage/fORmage (du latin «fORmaticus», de «fORma», qui désignait le moule pour donner sa forme au fromage), REsourdre/ARsourdre, gREnouille/g(u)ERnouille, etc. Il peut même être de nature syllabique: DOROthée/ThéoDORE («don de dieu»).
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É
Merci beaucoup pour ce super travail, Lucie. Mon objectif personnel consiste à tenter de retracer Étienne Baudri et Marie Bouchard. Vraiment pas simple. Mon intérêt vient du fait que je suis un descendant de ces Beaudry, de la branche établie à Longue-Pointe-de-Mingan à 45 km à l'ouest de Havre-Saint-Pierre. Ma mère, Claudette Beaudry, est la fille d'Amédée < William/Guillaume < Urbain < Jacques < Étienne < ?. Dans le recensement de 1901, William, sa femme Marguerite et leur fille Léda âgée d'un mois seulement sont à Longue-Pointe (le recenseur n'ayant pas pris le soin d'inscrire le nom de la mission dans cette page alors qu'il le fait aux pages suivantes). À noter pour les lecteurs de ce blogue: le gentilé actuel de Longue-Pointe est Paspayas! La maison de Guillaume (que tout le monde appelait «William») est toujours debout dans la partie ouest du village. Pour nous, c'est la maison de «memère Beaudry» (Marguerite Vaillancourt). La pierre tombale commune d'Urbain Beaudry et de Virginie Aubut est dans le vieux cimetière de Longue-Pointe derrière l'église. Celle de William (Guillaume) Beaudry et celle de Marguerite Vaillancourt sont dans le cimetière à l'est du village (parmi les premiers à y avoir été enterrés, me semble-t-il). Selon son acte de baptême, Guillaume Baudry (ainsi nommé) est né et baptisé le 24 décembre 1877 (parents: Urbain et Virginie Obus) à la mission de Longue-Pointe. Fait intéressant: celle qui allait devenir sa femme (et mon arrière-grand-mère), Marguerite Hélène Vaillancourt (fille de Pierre et d'Hélène Leblanc) est née le 4 novembre de la même année (baptisée le 15 décembre 1877) et a dû être «ondoyée à cause du danger de mort». Et l'ondoiement à la naissance de Marguerite s'est avéré très efficace puisqu'elle est morte en 1974 à l'âge de 96 ans! Marguerite et Guillaume se marieront le 3 septembre 1899 à Magpie mais vivront leur vie à Longue-Pointe. Leur fils Amédée, mon grand-père maternel, est né le 29 décembre 1910 et décédé le 10 juin 2001 (90 ans). Il a épousé ma grand-mère, Alice Leblanc (Alphonse et Angélique Leblanc), le 12 mai 1936. Ils ont vécu toute leur vie à Longue-Pointe-de-Mingan.
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G
Merci beaucoup pour ces precieuses informations! Urbain etait aussi mon arriere arriere grand pere par son fils joseph! Je recherche depuis un bon moment des details sur ma famille de la cote nord et sur la vie qu'ils ont vecu la-bas. Au plaisir dechanger avec vous par courriel?
L
J'adore !
Merci beaucoup, Éric !
Et ce passage : ''Et l'ondoiement à la naissance de Marguerite s'est avéré très efficace puisqu'elle est morte en 1974 à l'âge de 96 ans!''
C
WOW Lucie! Tu me fais vraiment découvrir un tas de faits qui me manquait dans mes petites recherches! sache que j'apprécie énormément ton travail et la qualité de ton écriture et détails!!! Je partage tout avec ma famille! Sache que suis très reconnaissante de tes efforts et compétences!
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