Exercice de deux ans à Paspébiac

Publié le par Lucie Delarosbil

Selon Bona Arsenault, Jean-Baptiste de Labrosse était un missionnaire itinérant jésuite qui avait exercé en 1771 et 1772. Né à Magnac en France, le 30 avril 1724, il fut ordonné prêtre en France en avril 1753. Il arriva en Nouvelle-France en 1754, à 30 ans, et fut affecté au Collège des Jésuites de Québec. En 1755 et 1756, il accompagna les Acadiens dans leur fuite dans les bois pour leur éviter la déportation. En 1757, il avait accompagné la dépouille de Gélase de Lestage

Dès son arrivée, le père de La Brosse s'était investi dans la cause des Acadiens et de deux premières nations : les Malécites et les Abénaquis. Il avait aussi exercé sa mission auprès des Français des deux rives du Saint-Laurent et des Acadiens de la baie des Chaleurs. On trouverait des actes de lui dans les registres d'au moins quinze paroisses, mais c'était surtout auprès des Montagnais qu'il fit ''œuvre originale''. Il avait implanté chez eux une Église qui respectait leur langue. Dans ses Annales, il résuma ses activités annuelles pendant dix ans, de 1766 à 1776, contenant deux registres où il inscrivait ses actes, le ''Miscellaneorum Liber'' et le ''Magnus Liber'', sa correspondance et divers témoignages.

La personnalité de La Brosse n'avait rien de banal, et la légende devait bientôt s'emparer de lui. Ses connaissances en médecine, ses dons de guérisseur, l'admiration, la sympathie et la vénération dont il était l'objet, le dévouement qu'il montrait envers ses Montagnais, tout cela s'amplifiera et fera de lui le héros de très nombreuses légendes, dont deux sont particulièrement connues. Selon la ''légende des cloches'', le père de La Brosse avait prédit le moment de sa mort et quand il mourut, à minuit, les cloches de toutes les chapelles et églises qu'il desservait se mirent à sonner d'elles-mêmes pour annoncer son décès. Selon l'autre légende, le missionnaire arrêta un incendie de forêt en traçant sur le sol une ligne avec un bâton. Ce dernier récit a été illustré, au début du XXe siècle, par un bronze du sculpteur Alfred Laliberté.

En 1988, Léo-Paul Hébert avait produit un profil de sa biographie, de sa vie chez les Montagnais, dans lequel il tentait une traduction d'un passage des écrits de Jean-Baptiste de Labrosse, une critique de l'écriture de Gélase de Lestage qu'il est intéressant de citer pour sa caractéristique à la fois poétique et humoristique :

Il est plus facile de compter les fleurs au printemps, de calculer les épis de blé à l'été, de dénombrer les fruits à l'automne, de mesurer les neiges de l'hiver, que de relever les fautes commises par cet illustre Révérend Père Gélase de Lestage contre toutes les lois de la grammaire et de l'orthographe.

En ce qui concerne nos registres, le 19 novembre 1772, dans un acte de baptême, le seul qui semble avoir survécu à cette époque, Jean-Baptiste de Labrosse se décrivait prêtre de la compagnie de Jésus, Missionnaire des B[...] du dosmaine du Roy, Golfe du fleuve Saint Laurent, Acadie, terres, & Iles adjacentes. Il affirmait sa Mission au lieu de Paspédia et signait son nom au complet.

Dans ses écrits, il avait la particularité de préciser l'âge des personnes, autant le sien dans ses Annales que celui de l'enfant du baptême de 1772. Il spécifiait les âges en nombre d'années, de mois et de jours.

Quand le père de Labrosse était arrivé chez nous en 1771, Charles Robin avait déjà repéré notre barachois depuis cinq ans pour mettre en pratique des activités connues de notre patelin : exploitations, pêcheries, commerces, exportations, etc.. 

Parti de Paspébiac depuis près de dix ans, Jean-Baptiste de Labrosse décéda à Tadoussac, le 11 avril 1782, c'est-à-dire un an, quatre mois et vingt-trois jours avant la fin de la Révolution américaine. Il allait avoir 58 ans dans treize jours.

© Lucie Delarosbil, 2020

SOURCES & RÉFÉRENCES : Jean-Baptiste de Labrosse : DBC par Léo-Paul Hébert; Léo-Paul Hébert (Erudit); Eric Martin (Le Nord-Côtier)Patrimoine culturel du Québec; Daniel Côté (Le quotidien)Wikipédia; Alfred Laliberté : Wikipédia Révolution américaine : Wikipédia.

Publié dans Missionnaires

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R
Bravo! Lucie.
Toujours très intéressantes et enrichissantes vos recherches et écrits!
Bravô, et Mille Mercis pour tout ce dévouement!
La culture de vos talents ne peut qu'en être gratifiée!
Salutations er cincère accolade!
Real Rremblay! Métis
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L
Merci beaucoup, Réal ! Pour votre intérêt, votre fidélité, votre affection, vos beaux messages... Merci infiniment !