Kermesse ou messe en plein air ?

Publié le par Lucie Delarosbil

Selon Bona Arsenault, Henry Francis Fitzimmons avait exercé à la baie des Chaleurs de 1807 à 1811. Cyprien Tanguay parle de la même personne sous la rubrique ''Fitz-Simmons, Luc'', ce nom concordant avec l'indication de sa présence chez nous en 1807. Pourquoi l'avoir prénommé Luc ? Mystère !

Fitzsimmons était un catholique né en Irlande vers 1783 et arrivé en Amérique en 1803. L'évêque de Québec, Joseph Octave Plessis, lui avait donné la mission de la baie des Chaleurs en 1808. Il semble qu'il résidait à Paspébiac. Cependant, une autre source dit qu'il était établi à Bonaventure. Il était considéré comme un excentrique. C'était probablement de ce fait qu'il était assez original dans la rédaction de ses actes.

Bonaventure possède un registre de vingt-neuf feuillets remplis par lui, de 1808 à 1811, un registre très particulier. Peut-on dire excentrique ? Le premier acte porte la date du 30 décembre 1810 et le dernier, du 20 mai 1811. Les multiples actes sont si désordonnés qu'on se demande comment ils les a produits. Quelle était sa logique, sa façon de voir la chronologie ? Laissait-il de grands espaces blancs pour les remplir plus tard ? Ses pages présentent des actes très éloignés les uns des autres, avec une petite écriture serrée, mais pas trop difficile à lire, et une rédaction française inhabituelle. (Lucie Delarosbil, 2016)

Le 25 novembre 1808, il baptisa la fille illégitime de Guillaume Fruing et de Rose Duguay. Le 17 août 1809, il avait célébré le mariage de Julien Duguet avec sa cousine Modeste Duguet. Il signait H. F. Fitzsimmons. En 1808 et 1810, il avait baptisé David et Mariette Bent, deux enfants du pionnier Benjamin Joseph Killer et l'avait inscrit ''Joseph Bent'', avec l'ajout de ''Portugais'' dans l'acte de David. Par ailleurs, dans treize actes rédigés par lui, il citait étonnamment les enfants du pionnier Bertrand Darrosbile avec deux patronymes différents : soit Bertrand, soit Rosbil.

Henry Francis Fitzsimmons était venu en Amérique de 1803 à 1815. Il avait débuté sa pratique à l'Île du Prince Edouard. Il était arrivé chez nous en 1808, à vingt-cinq ans, quand Joseph Octave Plessis, évêque de Québec, l'avait nommé prêtre missionnaire pour la région de la baie des Chaleurs. Selon Chouinard, vite découragé, il serait parti pour Halifax ''avec l'intention de se rendre en Espagne et d'y entrer dans un monastère de son ordre''. 

Selon Tanguay, il serait parti du Canada en 1811. Il semble bien avoir tardé son voyage en Espagne de quelques années ou bien y être resté peu de temps. En 1812, il était à Renew, ''un village de pêcheur établi dans les années 1610'', à Terre-Neuve, un lieu où son nom demeure au coeur d'une légende tenace. Car il aurait élevé une croix sur un rocher et y aurait célébré une messe. Notons qu'à cette époque, Terre-Neuve ne faisait pas partie du Canada. Fitzsimmons y serait resté trois ans. En 1815, il retourna dans son île natale où il mourut vers 1819. Il n'aurait vécu que trente-six ans.

© Lucie Delarosbil, 2020-2021

SOURCES & RÉFÉRENCES : Henry Francis Fitzsimmons : Edouard Pierre Chouinard, Histoire de... Carleton, Wikisource (p. 56), Tanguay (p. 132. ); Mass Rock : Tammy Lawlor, La légende de la grotte à Renew (à Terre-Neuve),  Edward O'Donnell, ''Mass rock tradition serves as a powerfull remonder, dans The Irish News, 2015 (en Irlande), Eibhlin O'Neill, ''Seventeenth century Irish Mass rock found in Galway'', dans Transceltic, 2018; Renew : Wikipédia;  Guillaume-William Fruing : Jerripedia, ''Fruing, William and Company'' dans Réseau canadien d'informations archivistiques, Jeannot Bourdages, ''Le capitalisme ''made in Britain'''', dans Magazine Gaspésie, 2014 (Erudit).

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