Recherche l'origine de Julienne Lava

Publié le par Lucie Delarosbil

Julienne Lava était la mère de Robert et de Jacques Loiselle de Paspébiac. Leur père se prénommait Julien-Robert. Ces informations sont tirées de l’acte de mariage de Jacques. Robert, marié avec Anne-Elisabeth Roussy depuis près de treize ans, était témoin au mariage de son frère. Robert serait né vers 1759 et Jacques vers 1762.

Jacques Loiselle s’était marié avec Isabelle Doiron, la fille de Zacharie et de Julie Vicaire, le 11 octobre 1797. Isabelle Doiron avait une soeur prénommée Magdelaine et mariée avec Jean-Baptiste Lavache depuis le 28 janvier 1793. Sur l’acte de ce mariage, la mère de Magdelaine était prénommée Anne. Jean-Baptiste était le fils de Honoré Lavache et de Marie-Magdelaine Daigre. Julie/Anne Vicaire était la fille de Pierre et de Françoise Rousseau, née le 4 mars 1752 à Grande-Rivière sous le prénom Marie-Anne. Elle était décédée à Caraquet le 8 décembre 1827; son père natif de Hudimesnil en France, sa mère étant la fille d'une mère autochtone nommée « Marcia Elaine Watson »*. (*Mallet, 2010, p. 88)

Julienne Lava était-elle la soeur de Honoré Lavache ? Possible ! Les deux soeurs Doiron auraient ainsi épousé les cousins Jacques Loiselle et Jean-Baptiste Lavache. Très plausible ! On peut chercher des indices pour justifier ces exclamations.

Selon Adrien Bergeron, dans Le grand arrangement des Acadiens au Québec (vol.5), les patronymes Lava, Lavac et Lavache étaient de la même famille acadienne, le dernier nom étant l’original, « l’authentique ». François Lavache, le supposé pionnier, s’était marié avec Anne-Marie Vincent, la fille de Pierre et de Jeanne Trahan, autour de 1724 à Grand-Pré. Ils auraient donné naissance à au moins huit enfants, dont quatre filles et quatre garçons nés entre 1726 et 1747. Le 23 décembre 1749, Lavache faisait partie de cette liste de « prétendus rebelles » à faire arrêter par le capitaine Gorham: « Joseph Vincent dit Clément, Charles Hébert, François et Claude Le Prince, Eustache, Charles et Petit-Jean Le Jeune, René Aucoin, Joseph Vincent et François Lavache : tous résidents de la Rivière-des-Hébert ».

En 1752, lors de la visite du sieur La Roque pour recenser les habitants des îles Saint-Jean et Royale, se trouvaient à l’Anse au Matelost deux familles Lavache. L’une était celle de François, laboureur, âgé de 55 ans et son épouse de 46 ans, Marie Vincens, tous deux natifs de l’Acadie. Ils avaient deux filles et trois garçons: Alexis 21 ans, Jean-Charles 12 ans, Margueritte 10 ans, Joseph 7 ans et Anne 4 ans. Ils entretenaient une ferme bien garnie d’animaux: 4 boeufs, 8 vaches, 1 taureau, 8 veaux, 2 chevaux, 4 truies, 3 cochons et 1 poule. Ils cultivaient le blé. On peut facilement imaginer qu'ils avaient dû mettre au monde d'autres enfants dans les neuf ans qui séparaient Alexis et Jean-Charles. L’autre famille était celle de son fils aîné Honoré, aussi laboureur et âgé de 26 ans, et son épouse de 27 ans, Magdeleine Daigre. Ils avaient deux enfants: Jean-Baptiste 5 ans et Marie-Modeste 2 ans. Les deux familles y habitaient depuis deux ans et les terres leur avaient été données par « Monsieur de Bonnaventure ».

Recherches sur la toile maintenant. Dans une liste des « Mères de l’Acadie » sur le site Acadian & French Canadian Ancestral Home, une certaine « Anne Lavache » était l’épouse de « Louis Labauve », mariés vers 1712 à Grand-Pré ou Beaubassin. Sur le site Histoire et généalogie des Landry, une fiche de cette famille spécifie que ce couple aurait eu neuf enfants, dont au moins deux filles et quatre garçon entre 1713 et 1741. Anne serait décédée avant le 7 juillet 1765. Les mêmes enfants sont cités sur la page « Labauve » du site Acadian-Cajun Genealogy & History. À cause des présumées dates de mariage vers la même époque en Acadie, 1712 et 1724, une question monte instantanément à l’esprit: Anne aurait-elle été une soeur aînée ou une jeune tante de François Lavache ?

Que s’était-il passé entre 1752, année du recensement du sieur La Roque, et 1793, année du mariage de Jean-Baptiste Lavache ? Selon Bergeron, citant l’Abbé Gallant, après la déportation des Acadiens, plusieurs familles acadiennes avaient séjourné une quinzaine d’années à Saint-Malo. Ensuite, en 1772, plutôt que de se faire « relocaliser » [sic] au Poitou avec des compatriotes, elles avaient préféré revenir au Canada. Elles s’étaient donc enfuies jusqu’à l’île Jersey et avaient été engagées par Charles Robin. Jean-Baptiste Lavache faisait partie des exilés en Gaspésie, et il devint le pionnier de cette famille à Bonaventure. Il serait décédé entre 1805 et 1811. Présent aux baptêmes de ses enfants et ayant apposé sa signature sur la plupart des actes, il était cependant absent à celui de son fils Hilarion, le 3 avril 1806. Son épouse se remariait en 1811 et mourait l’année suivante.

Liste des enfants des premières familles Loiselle et Lavache

Robert Loiselle et Anne/Elisabeth Roussy avaient eu dix enfants: André vers 1785, Elisabeth en 1787, Ursule en 1789, Pierre-Léon en 1792, Angélique en 1794, Élisabeth en 1796, Rosalie en 1799, Clothilde en 1801, François en 1803 et Suzanne en 1806.

Jacques Loiselle et Isabelle/Elisabeth Doiron avaient eu dix enfants: Julien en 1798, Jean en 1800, Jacques en 1802, Laurent en 1804, Elisabeth en 1806, Marie en 1808, Pierre, Michel en 1813, Marie-Rebecca en 1814 et Urbain en 1816.

Jean-Baptiste Lavache et Magdelaine Doiron avaient eu au moins huit enfants: Marie-Claire en 1794, Jean-Baptiste en 1795, Julie en 1797, Marguerite-Elisabeth en 1799, Jacques en 1800, Sophie en 1803, Anonyme en 1805 et Hilarion en 1806.

© Lucie Delarosbil, 2014

Publié dans Ancêtres d'Acadie

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